Les (faux) ennemis du Zouk
Dans son podcast “Internet du Village” mis en ligne le 5 février 2026, Kaysha établit la liste des ennemis du Zouk… La vidéo dure 2h27. A travers ses expériences de chanteur et de producteur, il nous explique comment ses artistes et lui ont réussi malgré les vautours… Donc le but était-il d'analyser les ennemis de l'industrie musicale en général en prenant le Zouk en exemple c'est-à-dire quels éléments structurels bloquent des carrières sans raison apparente ? Ou voulait-il analyser les ennemis de son Zouk ? J’ai eu du mal à suivre ses raisonnements donc je vous invite à écouter directement au lieu de vous offrir une vision déformée de ses propos.
Par contre, d'un point de vue Karukerament, je m'interroge sur les ressemblances entre la saison médiatique 2020-2021 et ce premier semestre de 2025-2026. Une attitude ambivalente des médias soutien en semaine A et moqueuse en semaine B, (hello Skyrock et les média mainstream où nos artistes vont sans média training), le martèlement de l'annonce de la mort de notre Zouk (bonjour Tracks) et enfin la prise de parole d’hommes qui nous décryptent l'industrie mais enchaînent les critiques gratuites sur “les Antillais” comme dans cette discussion où Kaysha est accompagné de Mainy, sa caution “antillaise” …
Quand j’ai réalisé mon Podcast “Notre (dés) amour du Zouk” en 2023, je n'ai pas évoqué ses vidéos Youtube sur le Zouk parce qu’elles n’avaient pas leur place dans mon intention de garder une trace des leçons de branding, storytelling et de marketing des cinq années précédentes. Je n'avais pas encore intégré la dimension média training. Après mon dossier “Zouk Uncovered” qui fait le point sur les enjeux contemporains de notre Zouk dans cette phase favorable à nos musiques en France, il me semblait important d'entendre si le discours public de Kaysha avait évolué depuis son intervention dans Yard en 2021 qui, rappelons-le, l’a positionné comme une voix d’autorité applaudie publiquement par tout le monde. Il dit au début de la vidéo qu'il a eu une discussion avec Jocelyne Béroard à ce sujet sans préciser si elle était d'accord avec lui mais restons sur les données à disposition publiquement.
Entre tout ce qui se dit publiquement depuis juillet 2025 avec la grande discussion des DJs et cette vidéo “Internet du Village” de Kaysha en 2026, je vois se dessiner le schéma de 2021 avec le recyclage des mêmes faux problèmes perte de temps. Pourquoi leur discours reste bloqué dans ce loop du fatalisme ? Je ne sais pas et, en vérité, le pourquoi ne me concerne pas. Par contre, je pense important de garder une trace des mécanismes de ce discours public qui reprend les techniques que j'ai présentées dans mon dossier sur “Les leçons de media training de 2024”. Ici, il s'agit d'un cas pratique à partir d'individus et non d'une entité médiatique. La situation évolue, le contexte évolue donc nos perspectives devraient évoluer aussi et pourtant…
Disclaimer 1 : mon analyse ne se base que sur le discours médiatique PUBLIC. Ce qui se dit en privé (que ce soit en face à face ou dans les groupes WhatsApp) relève de l’émotionnel. On ne peut pas utiliser l'émotionnel du privé comme argument irréfutable dans un discours business public.
Disclaimer 2 : mon analyse ne se limite qu'aux vidéos “Internet du Village” que Kaysha met en ligne sur sa chaîne YouTube. Je ne regarde pas en live, je ne connais pas le contexte des discussions et si ça se trouve cette vidéo n'a même pas été enregistrée en février 2026, mais Kaysha a choisi de la mettre sur sa chaîne YouTube en février 2026, donc nous nous y intéressons ici par rapport au fait que c'est ce que lui considère important de montrer dans son branding, storytelling etc en février 2026.
Voyons comment la technique de l'objectivité biaisée peut conditionner l'utilisation des autres techniques et comment les discussions importantes sont esquivées. Pour rappel, la technique de l'objectivité biaisée repose sur la légitimité d'un expert qui n'est pas conscient du filtre colonial de ses propos. Ainsi, selon Kaysha (et Mainy), les ennemis du Zouk sont :
1) les labels français et la xénophobie des “Antillais”
C’est la première demi-heure de la vidéo. Je n'ai pas compris sa démonstration mais il a placé tous les bons mots-clés pour faire réagir : les Antillais sont schizophrènes, sont des captifs, la culture antillaise est une sous-culture, la pop urbaine c'est du Zouk, la musique antillaise est considérée comme la musique du soleil, les Antillais sont xénophobes envers les Africains…
Un disclaimer de quelques secondes en mode “les Antillais ont toujours bien accueilli ma musique” annule-t-il les critiques gratuites ? … Et poser cette question n'est pas faire de l'émotionnel. Ou en tout cas, si c'est de l'émotionnel, est-ce que cela l'est autant que de ressortir à chaque fois l'anecdote du “Zouk sé tan nou” qui a plus de 20 ans pour nous expliquer que les “Antillais” n'ont pas compris que la musique n'appartient à personne ?
En tout cas, dans la première demi-heure de cette vidéo, je vois deux techniques de récit :
-le hors-sujet distraction c'est-à-dire mettre en avant un problème réel mais qui ne concerne pas le sujet afin de tacler gratuitement “les Antillais”.
- la guerre Afrique > Antilles c'est-à-dire qu'on veut faire passer “les Antillais” pour les méchants de l'histoire en affirmant qu’ils ont un problème avec le fait que les Africains réussissent avec le Zouk.
En ce qui concerne les labels, je considère que c'est une problématique du 20ème siècle. Je vous renvoie aux mythe 1 et 2 : “les artistes antillais ont besoin de l'industrie française pour exister” et “les artistes antillais ont besoin de l'industrie française pour créer”.
En ce qui concerne les “Antillais” qui seraient fâchés que les non-Antillais réussissent dans le Zouk, il prend l'exemple des propos de Perle Lama envers Marvin en 2024… Marvin a-t-il réellement utilisé ses origines ivoiriennes dans son branding puisque la majorité des gens pense encore aujourd'hui qu'il est “Antillais” ?...Mais utiliser ses origines pour l’attaquer sur ses actes est effectivement condamnable. Au moment où la polémique s'est produite en 2024, il est normal de l'avoir vécu dans l'émotionnel, mais que ce soit à l'époque ou aujourd'hui, quelle personne d'autorité, si nous en avons mais c'est un sujet pour un autre jour, a dit publiquement à Marvin de ne plus faire de Zouk ? Et je questionne d'autant plus l'argument Perle Lama comme exemple de la xénophobie des “Antillais” alors même que les prises de position en faveur de Marvin remettaient en cause la santé mentale de Perle Lama pour faire douter de la validité de ce qu'elle affirmait. En quoi les propos tenus par une personne qu'on présente soi-même avec une santé mentale fragile devraient-ils être un exemple solide de la xénophobie des “Antillais” deux ans après les faits ?
De la même façon, Kaysha prend l'exemple des propos de Francky Vincent sur Aya Nakamura comme un énième exemple de “cette xénophobie des Antillais”... Ce même Francky Vincent dont le statut de référence musicale antillaise, comme celui de la Compagnie créole, est toujours en cours de discussion donc d'où ses propos devraient-ils être un exemple solide de “la xénophobie des Antillais” ?
En d'autres termes, comment peut-on faire passer quelqu'un pour le pawo de service [= l’équivalent du fou ou la folle du bus] en semaine A mais donner du crédit à ses propos en semaine B ? Je ne comprends pas, mais passons…
Qui a dit publiquement que Aya Nakamura n'avait pas le droit de faire du Zouk parce qu’elle est d'origine malienne ? Dans le Twitter Space sans fin du Zoukgate de 2023 [lire mon fil Twitter], personne n'a dit que Aya Nakamura ne devrait pas faire de Zouk. Ils étaient plus en mode déception que Kim revendique la pop urbaine et en mode incompréhension que Dadju ait dit publiquement “je déteste le Zouk” tout en faisant lui-même une forme de Zouk Konpa… Où sont les interviews, les tweets ou les IG reels pour affirmer que “les Antillais” ont un problème avec le fait que Aya Nakamura fasse du Zouk?
Peut-on prouver que “les Antillais” critiquent PUBLIQUEMENT les autres Afrofrançais de la même façon que certains d'entre eux sont à l’aise pour dire qu’ils détestent le Zouk ou qu'on est “trop bête” pour mettre en place les concepts qu'on leur suggère ? Ce ne sont pas mes formulations, mais on nous dira que ce sont des propos maladroits.
Je rappelle que le consensus, qui est la 1ère erreur de notre storytelling selon moi mais passons, est de dire “on est content que notre Zouk ait voyagé et que d'autres personnes en fassent. C'est dommage que nous ne soyons pas reconnus pour cette création.” Je vous renvoie à ma discussion #streamcaribbean avec Lorenz en 2022. Nos artistes passent leur temps à s'autoflageller sur “on n'a pas su faire, on n'a pas su faire” mais attaquer les autres Afrofrançais est une chose qu'aucun ne se risque à faire PUBLIQUEMENT donc… qu'est-ce que la xénophobie supposée des “Antillais” vient chercher dans une discussion publique sur les ennemis du Zouk ?
Ceci étant dit, je constate une variante de la technique de la guerre Afrique > Antilles. Depuis le succès de “4 Kampé” de Joé Dwèt Filé en 2025, Haïti sert désormais d’exemple pour enfoncer “les Antillais” en mode “regardez comment les Haïtiens sont fiers de leur culture et sont contents que d'autres fassent leur musique, c'est pas comme vous les Antillais qui refusez que d'autres fassent du Zouk !” donc attention à la guerre Haïti > Antilles car c’est un non-sens. Oui, on peut comparer les défis que les Haïtiens et les Guadeloupéens/Martiniquais doivent affronter et nos solutions peuvent être communes, mais en aucun cas il faudrait se mettre à nous opposer comme j'entends certains commencer à le faire pour diversifier leur façon de nous critiquer. Je vous renvoie à mon épisode sur les faux débats à laisser en 2025.
2) les médias mainstream
Kaysha dénonce les médias qui lui ont demandé de changer sa musique ou refusé de jouer sa musique… Et c'est ce qui l' a poussé à mettre ses clips sur YouTube. Je ne reviens pas sur notre rapport aux médias, je vous renvoie au mythe #3 “les artistes antillais ont besoin des médias pour briller”. C'est une problématique du 20ème siècle.
3) L'émotion des artistes
Nous sommes autour de la 45ème minute. Il fait une digression sur les artistes qui sombrent dans les addictions et sabotent leur carrière. En soi, c'est commun à toutes les industries culturelles mais je tiens à noter ici une technique spécifique au récit d’un point de vue individuel : la technique Gossip girl.
Définition : un individu fait des sous-entendus en mode “je connais un secret que tu ne connaîtras jamais parce que tu n’es pas dans le cercle des privilégiés”. La technique consiste à semer des appâts dans la discussion en partageant une anecdote dévalorisante mais anonyme tout en laissant planer l'ambiguïté sur l'identité de la personne concernée. Le but est de donner une légitimé à son expertise en faisant semblant d'éclaircir l'opacité de l'industrie… mais c'est une légitimité de façade puisqu'on ne peut pas vérifier publiquement. Cette technique ne peut pas être employée par un média parce que le principe d'un média est justement de révéler ce qui est opaque. Même quand c'est fait de façon erronée comme les grands dossiers sur le Zouk…
Kaysha déclare que les artistes sont “les pompiers pyromanes du game” parce qu'ils ne savent pas prendre des décisions business à leur avantage. Il prend l'exemple de trois chanteuses qui n'ont pas suivi sa stratégie offerte gracieusement. “Aujourd'hui, tous ces gens pleurent Aya Nakamura a pris notre travail. Si vous êtes des idiotes, ce n'est pas ma faute,” conclut-il… No comment si ce n'est que toute cette séquence utilise à nouveau la technique du hors-sujet distraction (ici le vrai sujet, c'est la façon dont les labels exploitent nos artistes et nos artistes ont peur de se prendre en main) et la technique de la guerre Afrique > Antilles.
4) L'entourage des artistes
C'est aussi un problème commun à toutes les industries culturelles. Il y a un conflit d'intérêt quand les proches sont aussi des collègues/des employés. Lui n'aborde que l'aspect du manager amant, on pourrait parler de l'aspect où les épouses/girlfriends aident les hommes à construire leur carrière, ce qui est un modèle récurrent chez nous… mais ce n'était pas le sujet. Il y a le problème des artistes hommes qui marchent à plusieurs et n'entendent jamais non. Il y a aussi des producteurs/managers incompétents mais à qui tout le monde fait confiance malgré tout. Sur ce point de savoir s'entourer du point de vue masculin, c'est le reflet de ce que j'appelle la mentalité du wesh wesh frérot. Nous en parlerons dans un autre article.
5) les organisateurs de soirée
Encore une fois, je n’ai pas compris le sens de la démonstration par rapport à ce qui est l'ennemi du Zouk… Donc j’y vois encore la technique du hors-sujet distraction. Les artistes femmes comme Fanny J, Stony, Princess Lover ont déjà évoqué cet aspect lors du Twitter Space Zoukgate. C’est important mais cela reste hors-sujet dans ce contexte. Cela a beau être est intéressant de comprendre l'importance d'avoir un contrat solide pour ses showcases, concrètement Kaysha n'a plus ce genre de galères donc quel est le rapport avec le Zouk en général ? Il utilise son expérience personnelle, mais ses exemples montrent aussi qu'il y a des professionnels qui prennent les artistes au sérieux et gèrent bien les situations… D’ailleurs, ses anecdotes ne concernaient pas seulement les organisateurs “antillais” donc pourquoi ne pas discuter des raisons pour lesquelles tout le monde est aussi à l'aise pour chercher à arnaquer les artistes Zouk ? C'est ça, la vraie question. Quoi qu'on nous expliquerait sans doute comment les artistes “antillais” manquent de professionnalisme donc ils méritent qu'on les maltraite, et nous repartirions dans le loop…
6)Les DJs
Selon Kaysha, les DJs restent dans leur zone de confort et ne prennent plus de risques… Les DJs de cette génération se sont déjà exprimés en juillet 2025. Je vous renvoie à mon épisode de podcast. C’est de nouveau du hors-sujet distraction. Comme j'ai dit dans Notre (dés) amour du Zouk, je pense qu'un vautour d'autorité a semé la graine du doute chez nos DJs dans les années 2000 et ils entretiennent entre eux cette peur de valoriser notre Zouk… alors même que cette génération des DJs des années 2000/2010 compte parmi les meilleurs DJs d'Europe voire du monde. Je ne dirais pas que les DJs sont les ennemis du Zouk. Ceux qui évoluent en France ont peur de déplaire aux personnes dont ils estiment la validation nécessaire… C’est ça, le vrai sujet. Quand Kaysha ne présente la perspective DJ que par rapport aux soirées, pour moi c'est une perspective 20ème siècle, mais pourquoi pas ?
7) “les artistes qui ont le seum que leur Zouk Konpa des années 2000 ne soient plus à la mode et que ce soit le Zouk Konpa des Afrofrançais qui soit tendance”
Vous avez compris comment fonctionnent le hors-sujet distraction et la guerre Afrique > Antilles désormais. Reposons la question : publiquement, qui chez les “Antillais” se plaint des Afrofrançais ? Qui vient mépriser les Afrofrançais en leur disant qu’ils sont schizophrènes à être tiraillés entre leur identité française et les origines de leurs parents ? Qui s’installe devant un micro pour expliquer tout ce qu’ils reprochent aux Afrofrançais ? Jusqu’à présent, quel média (afro)français a décidé de parler sérieusement de Zouk sans utiliser la technique du “bon compliment, mauvais timing” ?
Et quand bien même on voudrait nous sortir des audio privés WhatsApp ou des DMs d’artistes “antillais” , c'était à l'époque qu'il fallait les sortir parce qu'avec l'avancée de l'IA aujourd'hui, on pourra toujours dire que c'est une preuve inventée. Officiellement, tout le monde la joue “on est ensemble wesh wesh frérot” donc pourquoi cette obsession sur une problématique pré-Internet qui n'existe pas publiquement ? Par contre, Kaysha n'évoque pas ce que “les Antillais” demandent publiquement depuis deux ans. Pour rappel, ce qui est demandé publiquement est :
-que les gens qui font du Zouk disent qu'ils font du Zouk (c'est une reconnaissance symbolique qui restera sans effet s'ils continuent de voir leur carrière comme au 20ème siècle mais passons… )
-que nos artistes qui cochent les critères de réussite (le disque d'or, le million d'abonnés sur Spotify et ce ne sont pas des critères de réussite pour moi, mais passons… ) aient les mêmes opportunités de visibilité que les autres Afrofrançais parce que, comme Kaysha le rappelle, nous faisons tous de la musique française donc où est la schizophrénie de remarquer la différence de traitement et de demander des comptes ?
Et là aussi, il y a des récépissés publics de ces attentes sans jamais dire que les autres Afrofrançais n'ont pas le droit de réussir avec nos musiques. Ne serait-ce que dans la polémique créée de toute pièce par les médias (afro) français autour de Theodora fin 2024. Que ce soient nos internautes, nos médias et nos artistes, nos attentes ont été écrites sur les réseaux sociaux et dans des interviews, mais des gens qui se positionnent en experts (objectivité biaisée) ont débattu sur leurs projections sur nous avec leur filtre colonial (hors-sujet distraction) pendant DEUX MOIS au lieu de répondre à la question : regardez ce que nous accomplissons, on veut être avec vous, comment trouver grâce à vos yeux ?
La réponse toujours hors-sujet : les Antillais, vous êtes des aliénés. Vous êtes schizophrènes parce que vous avez été esclaves, vous ne savez pas d'où vous venez, vous n'êtes pas indépendants. La musique n'appartient à personne. Il n'y a pas d'appropriation culturelle. KAMOULOX.
La référence Kamoulox ne parlera peut-être pas à une personne née après 2000 donc en d’autres termes, nous avons parlé un français clair mais ces gens ont tout whippin comme à chaque fois.
8)Le public
Bien entendu, une discussion sur le Zouk est incomplète si on ne tacle pas le public. Ce sont les vingt dernières minutes de la vidéo. Le public pirate, ne streame pas, ne comprend rien au monde de la musique etc. Je ne connais pas tous les publics du Zouk mais pour ce qui est du public “antillais”, je trouve inquiétant que je sois la seule à le valoriser en toute circonstance. Je vous renvoie au mythe # 6 : “les artistes antillais doivent satisfaire plusieurs public”. Ici, la technique du hors-sujet distraction est de critiquer le public au lieu de critiquer le système de rémunération des artistes ou d'évoquer ce qu'un artiste du 21ème siècle doit mettre en place pour trouver son public c'est-à-dire le branding, le storytelling, le marketing et le média training… Ceci étant dit, même si elles sonnent années 2010 et c’est pour ça qu’il les partage parce qu’il sait qu’elles ne sont plus d’actualité telles quelles, les stratégies qu'il donne au détour d'une phrase restent cohérentes sur le papier. Personne ne peut remettre en cause ce qui a fonctionné pour lui et il reste ouvert sur ce qui l’a poussé à s’adapter sur ces vingt dernières années. Il a réussi donc puisqu’il n’est pas dans l’émotionnel, quelle est la raison business d’utiliser ces techniques hors-sujet distraction et de guerre Afrique > Antilles sans rien en sortir de positif ? Quelle est la raison business de rester dans ce loop de la négativité comme quelqu’un en échec alors qu’il est parmi ceux qui ont le mieux réussi ? Mystère…
Conclusion
De ce que j'ai compris, les ennemis du Zouk évoqués ici ne sont pas des ennemis mais juste le système normal… Je ne dis pas que c'est un bon système, mais c'est le système normal qui a été pensé pour exploiter tout être humain. Les avancées technologiques du 21ème siècle, comme la carrière de Kaysha l'illustre, permettent de naviguer dans ce système. Mais les “Antillais” ne peuvent pas juste calquer leur trajectoire sur la sienne parce qu'il n'a pas à gérer le filtre colonial comme nos artistes doivent le faire. Et c'est tant mieux pour lui. Mener une carrière internationale quand on est artiste “antillais” est tout à fait possible. Nos quatre dernières générations d'artistes de formation jazz l'ont prouvé. Ils ont cette reconnaissance de l'industrie musicale qu'aucun artiste de Zouk n'a à part Kassav’…
En tout cas, tant que nous ne développerons pas une culture fan, tant que nous servirons de caution dans des discussions stériles hors-sujet au 21ème siècle, notre Zouk restera bloqué dans ce loop de la négativité. Les ennemis cités dans cette vidéo étaient des ennemis au 20ème siècle mais n'existent même pas pour l'artiste indépendant qui évolue dans le 21ème siècle. Certes, il y a l'aspect innovation musicale… mais en vrai de vrai, la qualité artistique n'est pas notre plus gros obstacle. Je vous invite à lire mon article sur la vision Karukerament des obstacles de notre Zouk.