Les ennemis du Zouk selon Kaysha - part 2
Le 11 octobre 2026, le MoneyTime podcast a mis en ligne un épisode MoneyTalk avec Kaysha. Avec plus de 20 000 vues à l’heure de la rédaction de cet article, cette vidéo de 169 minutes fait des allers-retours entre la carrière de Kaysha et sa vision de la musique en tant que culture et en tant qu’industrie… Honnêtement, je ne comptais pas la commenter parce que j’ai déjà démontré la confusion dans ses propos avec mon article sur “Les (faux) ennemis du Zouk” en février 2026. Trois mois plus tard, j’avais aussi écrit un article sur “Les vrais ennemis du Zouk” où vous pouvez constater que mes analyses sur le plan business vont dans son sens. Je ne remets pas en question sa vision d’entrepreneur. Par contre, comme en 2021 avec son interview pour Yard, il se permet des formulations à la limite de la mauvaise foi et des affirmations tellement infantilisantes envers “les Antillais” qu'il est important d’en garder une trace parce que ce podcast est un condensé de ce que les gens bloqués au début des années 2000 ne cessent de répéter pour nous faire tourner rond. Ce discours doit rester en 2026.
Même si des allusions au Zouk sont faites tout au long de l’interview, je vais suivre le chapitrage Youtube pour faciliter la compréhension (et aussi pour vous laisser libre de visionner la partie qui vous intéresse).
36:20 - 40:59: Antilles/Congo, Marvin, Perle Lama, vol de culture ?
Nous avons droit ici aux techniques de la guerre Afrique > Antilles, du hors-sujet distraction et de l’objectivité biaisée. Kaysha fait cette combinaison dès qu’il parle de son succès dans le Zouk… Il est un des artistes afro ayant le mieux réussi. Personne ne lui conteste publiquement ce statut. Pourquoi ce besoin de tacler “les Antillais” au passage tout en disant que le public “antillais” l’a bien accueilli…? Mystère. Dans le même souffle, il est capable de dire qu’un artiste devrait prêter plus d’attention à la majorité silencieuse qui lui est favorable plutôt qu’aux 100 commentaires négatifs qu’il peut recevoir. D'un point de vue Karukerament, pourquoi n’applique-t-il pas ça à ce qu'il dit en interview ? Qui sont ces personnes voire LA personne dont les critiques ont tellement d’importance pour qu’il parle de son succès comme s'il était un artiste que “les Antillais” auraient fait échouer ?
Le faux problème : tout le monde fait du Zouk, les majors ont renommé le Zouk en pop urbaine.
Le vrai problème : les inspirations Zouk ont longtemps été invisibilisées. C’est un fait. A part Aya Nakamura, sur ces 20 dernières années, quel Afrofrançais a dit publiquement “je fais du Zouk” ? Par contre, pour citer les inspirations américaines, il n’y a aucun problème. Donc en quoi serait-ce mal d'exiger le même traitement respectueux auquel les autres cultures musicales ont droit ? Ceci dit, je peux comprendre que la Fréroterie avec “des Antillais” qui ne savent pas poser des limites face à l'irrespect donne l'impression que cette revendication sort de nulle part, que “les Antillais” exagèrent…
Mais les Afrofrançais avec de bonnes intentions comprennent l'intégrité dans le fait de dire publiquement “je fais du Zouk” et plus largement tel genre musical caribéen. Que ce point continue d'être remis en cause pour mettre en lumière une fausse guerre Afrique>Antilles prouve qu'il y a encore trop peu d'Afrofrançais prêts à reconnaître publiquement notre Zouk comme un genre qui mérite d'être respecté comme n'importe quel genre musical.
Le faux problème : les “Antillais” disent que les Africains ont volé leur Zouk.
Le vrai problème : rester figé sur cette idée construite par le filtre colonial tout en ayant la preuve que les collaborations Afrique-Antilles existent depuis des générations, que les publics des deux côtés de l’Atlantique donnent la force aux artistes. À ce stade, on est même à la limite de l’insulte envers les liens musicaux forts entre les deux zones géographiques mais quand je vois Kassav’ comme l'unique contribution “antillaise” à la section musique de la grande exposition sur le Paris noir culturel, je ne suis pas étonnée que cette technique de la guerre Afrique > Antilles persiste. A qui profite cette volonté de maintenir les “Antillais” en position d’infériorité ? Mais passons.
Kaysha offre toujours l’argument historique “les Antilles restent un territoire occupé” donc ce serait la raison pour laquelle on ne supporterait pas que d’autres personnes fassent nos musiques… Enfin, je crois que c’est son argument. J’ai du mal à comprendre dans le flow de cette discussion.
En tout cas, Aya Nakamura est la seule à avoir assumé faire du Zouk. Si vos algorithmes ne vous montrent que “des Antillais” qui l’attaquent, questionnez le contenu que vous consommez et quel est le poids de ces commentaires virtuels face aux “Antillais” qui se déplacent la voir en concert et la soutiennent depuis ses débuts ? Aya Nakamura a bien été reçue pour ses concerts en Guadeloupe et en Martinique en 2023. Même Dadju et TayC, qui ont tenu publiquement des propos problématiques, ont aussi fait des concerts en 2024… La polémique sur Theodora a été fabriquée de toute pièce par les médias (lire mon récapitulatif)... Donc pourquoi ressortir ce discours “les Antillais sont fâchés, ils disent que les Africains ont volé leur Zouk” comme si on n’accueillait pas tout le monde et qu’on brisait la carrière des gens ? Mystère.
41:00 - 44:09: respecter la culture
Le faux problème : les Antillais ne comprennent pas que n’importe qui a le droit de faire leur musique tant qu’on la respecte.
Le vrai problème : nous n’avons pas la même définition du respect. Il y a un mépris généralisé envers “les Antillais” à cause du filtre colonial. Ce n’est pas de la victimisation. Il n’y a qu’à voir comment les médias (afro) et leurs invités sont à l’aise pour tacler publiquement “les Antillais” (et le pire, c’est quand les gens de chez nous les aident à le faire) mais qui défend PUBLIQUEMENT “les Antillais” ? Pour nous infantiliser, il y a toujours du monde. Par contre, pour répondre aux problèmes structurels que les Afrofrançais perpétuent, où sont les analyses ? Où sont nos alliés ?
Pour Kaysha, respecter la culture, “c’est faire entrer de l’argent dans la culture, pousser d’autres artistes et pousser la culture à l’international…” Lui ne parle pas de l’enjeu identitaire que cette culture représente pour les Guadeloupéens et les Martiniquais, alors même qu’il veut toujours parler de l’histoire de l’esclavage. Pourquoi est-ce aussi difficile d'intégrer cet enjeu identitaire à sa vision du business ? Je ne sais pas, mais comment ceux qui partagent sa pensée pourraient-ils voir le problème autrement qu’à travers leur filtre colonial ? Le filtre colonial dit que “les Antillais sont trop bêtes pour faire une culture de qualité”, que les “Antillais” sont incapables de se gérer et qu'ils doivent se laisser diriger par les autres… Cette vision est à l’opposé des fondations du Zouk selon la vision de Pierre-Edouard Décimus [lire ma chronique Pou Zòt, établir une norme caribéenne]. La philosophie Kassav’ était de donner un moyen d’expression à la Guadeloupe et à la Martinique, de nous prouver à nous-mêmes notre valeur face aux autres, d'avoir un outil pour nous prendre en mains… Que les générations qui ont suivi aient juste vu notre Zouk comme un terrain de jeu artistique et/ou business, c’est un autre sujet. Et vous pouvez vénérer le rap et le R&B US tant que vous voulez, les Noirs Américains n’ont pas gardé le contrôle de l’économie de leurs musiques donc je pense que “les Antillais” ont droit à un peu plus d'indulgence sur leur manque de réussite sur le plan financier. Mais oui, dites que je suis biaisée.
Pause: Kaysha dit que le terme “appropriation culturelle” ne l’intéresse pas. “Moi quand je vois une Blonde qui a des tresses, je m’en fous”, dit-il... Le problème, ce n’est pas une Blonde qui a des tresses. Le problème, c’est que la Noire avec des tresses sera dénigrée parce que les tresses sur les Noires ne sont pas considérées comme une coiffure respectable. De la même façon, se moquer des femmes noires qui portent des perruques alors que les Blanches aussi portent des perruques sans recevoir de remarques négatives, c’est ça le problème… J’ai pris le temps de m’arrêter sur cet exemple parce qu’il reflète comment nous ne voyons pas les mêmes enjeux donc il est évident que nos intérêts sont incompatibles. Et c’est o-kay.
44:10 Notre découverte du tube Kaysha on dit quoi + Kaysha enfant de tous les pays d'afrique et des antilles
Kaysha reconnaît utiliser la stratégie de l’ambiguïté des origines. C’est un choix que Marvin et lui peuvent se permettre, mais nous non. Il reconnaît qu’il a d’abord été reconnu en Martinique, puis en Guadeloupe, Guyane et ensuite en Afrique… Cette partie aurait peut-être mérité un développement plus long qu’une phrase, histoire d’équilibrer face à la démonstration sur la supposée xénophobie “des Antillais” envers les Africains. Mais passons. Son histoire sur “On dit quoi” et sa démarche de musique hybride étaient intéressantes.
1:45:15 Le zouk/kompa
Il a quand même fallu attendre 1h45 de discussion pour évoquer un vrai problème pour les artistes Zouk de Guadeloupe et de Martinique : l’absence de marketing.
Le faux problème : selon Kaysha, il y a d’abord une raison politique. La musique antillaise est une sous-musique française parce que les Antilles sont encore un territoire occupé, “on ne veut pas leur rendre leur liberté” donc, au nom de la philosophie des Jacobins, la centralisation sur Paris pousse une musique nationale et qui empêche la mise en avant de la musique antillaise.
Le vrai problème : c’est un gros raccourci historique juste pour placer des mots-clés pour rappeler que “les Antillais” ont été les esclaves de la France et n’ont pas arraché leur liberté comme les Haïtiens… Si les labels français avaient voulu développer une expertise au-delà de leur filtre colonial, ça aurait déjà été le cas sur ces 50 dernières années. Il n’est pas nécessaire d’évoquer l’esclavage en laissant sous-entendre “les Antillais sont soumis” pour faire ce constat. Ce filtre colonial dès qu'on parle de nous, c’est notre premier obstacle.
Le faux problème : les majors ont inventé le terme pop urbaine pour ghettoïser les musiques faites par des Non-Blancs.
Le vrai problème : accepter l’idée que les Guadeloupéens et les Martiniquais revendiquent le droit aux mêmes opportunités que les autres Noirs de France. Peu importe ce que disent ou font les majors, en quoi cela donne-t-il aux Afrofrançais le droit d’invisibiliser notre culture voire de la dénigrer publiquement ? Je repose ma question : à part Aya Nakamura, qui, sur ces vingt dernières années, a dit publiquement “j’ai fait un Zouk” ou “j’ai utilisé des influences Zouk parce que j’aime le Zouk” ?
Kaysha évoque ce que j’appelle la politique de l’arène [cf. le mythe #2 - les artistes antillais ont besoin de l’industrie française pour créer]. Il aurait été intéressant d’entendre son avis sur le succès de Slaï et de Thierry Cham.
Le faux vrai problème : le manque de professionnalisme.
Clairement, il y a un problème de rigueur chez nos artistes mais c’est commun à toutes les industries créatives qui regorgent de personnes qui se brûlent les ailes parce qu’elles n’ont pas le mental pour ce métier… Mais la formulation de Kaysha donne l’impression que c’est un trait spécifique aux artistes “antillais”. Il n'y a pas besoin d'utiliser la technique Gossip Girl pour parler de ce sujet avec sérieux.
Je n’ai pas compris la transition sur le public, mais que serait une discussion sur le Zouk si on ne taclait pas le public “antillais”, n’est-ce pas ?
Le faux problème : le public traite les artistes locaux de vendus s’ils veulent chanter en français + le public pirate donc n’achète pas la musique.
Le vrai problème : les artistes français noirs n’accordent pas d’importance au marketing. Ils estiment qu’être Noir est suffisant pour exiger l’argent du public noir… Mais dans un monde capitaliste, qui va vendre un produit sans adapter son marketing au public visé ??? [cf. Le mythe sur les artistes antillais doivent satisfaire plusieurs publics].
Kaysha reproche au public “antillais” local de pirater les artistes locaux mais de dépenser 300 euros pour Beyoncé. Est-ce le public “antillais” qui a fixé le prix des streams ? Est-ce le public “antillais” qui a organisé le système des majors ? Qui empêche les artistes de bosser leur marketing pour donner envie qu’on dépense pour eux ? D’ailleurs, certains artistes millenials ont maintenu des carrières depuis 20 ans, s’offrent des concerts dans de grandes salles parisiennes depuis 4 ans et le Zouk continue de faire manger des artistes en showcase. En quoi le public “antillais” ne remplit-il pas sa part du contrat dans les limites qui lui sont imposées ?
Le faux problème : est-ce que tu veux rester dans une niche ou tu veux t’ouvrir ?
Le vrai problème : le Zouk n’a pas un public niche [cf. ma discussion #streamcaribbean avec DJ Josh]… Les artistes de Guadeloupe et de Martinique ont PEUT-ÊTRE un public niche (je dis peut-être parce que quand je vois comment les Blancs s’ambiancent pour les plateaux “Antilles” des festivals généralistes en France et à l’étranger… La question se pose, mais passons). Le Zouk n’a pas un public niche. C'est la mentalité peti péyi qui fait dire ça parce que vous dévalorisez le public afro dans son ensemble. Si on prend votre critère du “y’a que les chiffres qui comptent”, à partir du moment où des morceaux Zouk faits par les Afrofrançais ont commencé à recevoir des certifications, le Zouk a cessé d’avoir un public niche. Et continuer à le voir comme un genre niche, c’est ce qui empêche de le développer. Ce n’est pas la responsabilité du public mais celle des artistes. C’est mon point de vue Karukerament. Je suis d’accord pour être en désaccord.
Kaysha évoque le développement de la kizomba et comment ses suggestions pour pousser le Zouk ont été refusées. Humainement parlant, je comprends la frustration que cela a pu représenter. Sur le plan business, son idée de festivals et de boyband reflète bien le fait qu’il n’intègre pas du tout la dimension identitaire du Zouk pour nous. Surtout à l’époque où il en parle. Il dit qu’il s’est fait taper sur les doigts et qu’on lui a dit “le Zouk sé tan nou” et qu’il comprend par rapport à l’histoire… Mais au final qui l’a empêché d’exécuter cette idée ?
Je laisse de côté ce qu’il dit sur les Haïtiens qui ont leur drapeau et aiment quand les autres font du konpa. Vraiment, balle perdue pour le public guadeloupéen et martiniquais. Je suis sérieuse quand je dis de me trouver publiquement une figure d’autorité du Zouk qui ne dise pas “on est content que notre Zouk ait voyagé. C’est une fierté”. A quelle heure on a dit aux autres de ne pas faire du Zouk ? A quelle heure on a empêché les autres de faire du Zouk ? Ou alors on ressasse cette idée à partir des commentaires de personnes lambda sur les réseaux sociaux ou à partir de discussions WhatsApp PRIVÉES ?
Kaysha prend l’exemple du rap US qui s’est exporté. Encore une fois, c’est un gros raccourci qui ne prend pas en compte le contexte historique et géopolitique de la seconde moitié du 20ème siècle. Si on garde l’exemple du rap, le Canadien Drake domine les ventes du rap depuis des années, mais il reste considéré comme un invité dans le rap parce qu’il n’a pas acquis la légitimité qui met tout le monde d’accord. Donc, chiffres ou pas, si Kendrick Lamar fait autorité pour lui dire qu’il est “Not Like Us”, au nom de quoi les figures d’autorité du Zouk ne pourraient pas lui dire “Zouk sé tan nou” ? Est-ce que ça a détruit la carrière de Drake ? Non. Est-ce que la carrière de Kaysha a été détruite ? Non. Si ça lui a causé des problèmes, libre à lui d’en parler mais pour le moment, ses succès sont célébrés, sa voix est valorisée, les anecdotes qu’il partage ne sont qu’à son avantage donc si des figures d'autorité du Zouk ne l’ont pas écouté, et alors ?
1:59:15 Montée de la kizomba
Le faux problème : le Zouk a perdu face à la kizomba.
Le vrai problème : considérer qu’il n’y a plus aucun espoir pour notre Zouk parce que nous n’avons pas suivi les stratégies de Kaysha au moment où il le voulait. J’entends bien qu’il a reçu du mépris dans sa carrière. Son émotion est légitime. Peut-être qu’en continuant d’en parler en interview, il finira par trouver l’apaisement dans son cœur… Qui sait ?
Mais sur le plan business, je le redis : ses interviews contiennent des stratégies de marketing et de promotion qui fonctionnent mais qui ne prennent pas en compte l’enjeu identitaire pour les Guadeloupéens et les Martiniquais donc elles ne seront jamais applicables telles qu’il les raconte. Et il le sait très bien. Son expertise reste valable mais ne peut pas être considérée comme la seule perspective possible.
Kaysha et les autres Afrofrançais du Zouk peuvent se permettre de dissocier le business du Zouk et la culture du Zouk. Pour les Guadeloupéens et les Martiniquais, ce n’est clairement pas la voie à suivre. En retirant l’aspect identitaire, voilà où nous en sommes aujourd’hui. Des artistes de Guadeloupe et de Martinique revendiquant tous les genres musicaux sauf le Zouk parce que leur estime d’eux-mêmes est au sous-sol des enfers. Des faux débats qui auraient dû rester en 2025 sur le Zouk en français vs. le Zouk en créole, le Rétro Zouk vs. le Zouk contemporain, le vrai Zouk vs. Le Zouk Love trop ennuyeux, l’appropriation culturelle vs. l’appréciation culturelle… Et en plus, on doit écouter des interviews d’artistes talentueux dont le body count est un trait d’humour au lieu de nous expliquer en long et en large pourquoi le Zouk les fait vibrer.
Pour conclure, j’espère qu’on laissera en 2026 :
l’infantilisation, voire le dénigrement, systématique du public “antillais”. Lâchez notre veste.
la fréroterie qui fait nos artistes et les créateurs de contenu accepter tout et n’importe quoi au nom d’une solidarité illusoire qu’on ne leur rend même pas.
le fatalisme sur notre Zouk… Les débats WhatsApp doivent rester sur WhatsApp. Les remixeurs de 2021 sont priés de faire leur argent en silence au lieu de perpétuer cette image négative du Zouk et, plus généralement, des “Antillais”. La réalité actuelle est que les ICC des autres pays surfent à fond sur la nostalgie des années 90 et 2000. Il n’y a pas de raison que notre Zouk ne puisse pas en bénéficier. Toute personne avec un minimum d'expertise sur l'industrie musicale ne me contredira pas au moins sur ce point. Tenir ce discours négatif inverse, s’associer à des personnes tenant ce discours négatif inverse est un choix que chacun est libre de ne pas faire.
Cet article était pour mettre en lumière, une nouvelle fois, les mécanismes du filtre colonial dans un espace médiatique. Il y a encore eu des dingueries en 2026 mais je suis fatiguée de répéter les mêmes choses. Nous sommes arrivés à un point où je pourrais copier-coller des paragraphes d’un article à l’autre. Je considère donc que c'est mon bilan récapitulatif médiatique de 2026. J'espère que les artistes motivés à faire changer les choses resteront concentrés sur les vrais enjeux en 2027 [lire mon dossier Zouk Uncovered en 3 parties]. Le jour où nous appliquerons les bases du branding, du storytelling, du marketing et du media training, nous laisserons les dynamiques du 20ème siècle pour donner à notre Zouk le statut d’une pop music internationale du 21ème siècle.